Santé et prévention en entreprise
Sédentarité au travail : quels impacts sur la santé et sur l’entreprise ?
Travail sur ordinateur, conduite prolongée, télétravail, surveillance d’une machine, accueil en caisse ou réunions successives : la sédentarité est devenue une composante importante de nombreuses journées de travail.
Lorsqu’elle se prolonge sans être régulièrement interrompue, elle peut affecter la santé physique et mentale des salariés. Pour l’entreprise, elle peut également contribuer à l’apparition de douleurs, de troubles musculosquelettiques, d’arrêts de travail et de difficultés organisationnelles.
Qu’est-ce que la sédentarité ?
La sédentarité correspond à une situation d’éveil pendant laquelle une personne reste assise ou allongée avec une très faible dépense énergétique. Dans le monde professionnel, elle peut être liée à l’utilisation d’un ordinateur, à la conduite d’un véhicule, à la surveillance d’un équipement ou à l’occupation prolongée d’un poste fixe.
Une séance de sport en fin de journée reste bénéfique, mais elle ne neutralise pas complètement les effets de longues périodes assises sans interruption. La prévention doit donc agir sur deux éléments complémentaires :
- augmenter le niveau global d’activité physique ;
- réduire la durée totale passée assis ;
- interrompre régulièrement les périodes sédentaires ;
- faire varier les postures et les tâches au cours de la journée.
Ces chiffres ne signifient pas que la sédentarité est la seule responsable des TMS ou des arrêts de travail. Ils montrent cependant l’importance des enjeux de santé physique au sein des entreprises.
Quels métiers sont concernés par la sédentarité ?
La sédentarité est souvent associée au travail de bureau. En réalité, elle concerne des métiers très différents, y compris dans l’industrie, la logistique, le commerce ou le secteur de la santé.
Bureaux et télétravail
Les tâches informatiques, visioconférences, appels téléphoniques et réunions peuvent entraîner plusieurs heures consécutives en position assise.
Conducteurs professionnels
Chauffeurs routiers, livreurs, commerciaux itinérants ou conducteurs de bus restent parfois assis plusieurs heures, avec peu de possibilités de mouvement.
Industrie et logistique
Les postes de conduite de ligne, de contrôle, de supervision ou de conduite d’engins peuvent limiter fortement les déplacements.
Commerce et accueil
Les postes de caisse, d’accueil, de surveillance ou de standard peuvent associer posture fixe, gestes répétitifs et faible autonomie dans l’organisation des pauses.
Santé et médico-social
Les transmissions, consultations, permanences, tâches administratives et temps de conduite peuvent générer d’importantes périodes assises.
Encadrement et management
Les responsables et dirigeants peuvent enchaîner réunions, déplacements en voiture, appels et travail sur écran sans véritable temps de récupération physique.
Quels sont les impacts de la sédentarité sur la santé ?
La sédentarité ne provoque pas systématiquement une maladie ou une douleur. Elle constitue toutefois un facteur de risque lorsqu’elle est importante, prolongée et associée à d’autres contraintes professionnelles ou personnelles.
Une augmentation des risques cardiovasculaires et métaboliques
Une faible sollicitation musculaire pendant plusieurs heures réduit la dépense énergétique et modifie le fonctionnement métabolique de l’organisme. Une exposition importante aux comportements sédentaires est associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’obésité et de mortalité prématurée.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle également que l’inactivité physique augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de démence et de certains cancers.
Des douleurs cervicales, dorsales et lombaires
Rester assis ne signifie pas que les muscles sont totalement au repos. Le maintien prolongé d’une même position peut solliciter les cervicales, les épaules et le bas du dos, particulièrement lorsque le poste est peu adapté.
Le risque d’inconfort augmente lorsqu’une posture sédentaire est associée à un écran mal positionné, un siège inadapté, des gestes répétitifs, des vibrations, un manque d’espace ou une forte pression temporelle.
Les TMS ont plusieurs causes
Les troubles musculosquelettiques ne peuvent pas être expliqués par la seule sédentarité. Les efforts physiques, les gestes répétitifs, l’organisation du travail, la récupération, les contraintes psychosociales et les caractéristiques individuelles doivent également être prises en compte.
Une circulation sanguine moins stimulée
En position assise, les muscles des jambes sont peu sollicités. Certaines personnes peuvent alors ressentir des jambes lourdes, des gonflements ou un inconfort, notamment lorsqu’elles bougent très peu pendant plusieurs heures.
Se lever, marcher quelques minutes ou mobiliser les chevilles permet de remettre les membres inférieurs en mouvement.
Une fatigue physique et mentale
Les longues périodes immobiles peuvent renforcer la sensation de fatigue, particulièrement lorsqu’elles s’accompagnent d’un temps d’écran élevé, d’une forte charge cognitive ou d’un manque de pauses.
À l’inverse, interrompre le temps assis crée des variations de posture et peut offrir une courte récupération mentale entre deux tâches.
« La meilleure posture n’est pas une posture parfaite : c’est généralement la suivante. »
Quelles conséquences pour l’entreprise ?
Les effets économiques de la sédentarité sont difficiles à isoler, car les douleurs, les TMS et les arrêts de travail possèdent généralement plusieurs causes. Néanmoins, une forte exposition aux postures sédentaires peut participer à une dégradation de la santé des équipes et du fonctionnement de l’organisation.
Des salariés présents, mais gênés dans leur travail
Un salarié souffrant de douleurs cervicales ou lombaires peut avoir davantage de difficultés à se concentrer, à maintenir son activité ou à réaliser certains gestes. Il peut rester présent à son poste tout en travaillant dans l’inconfort.
Un risque d’absentéisme et de désorganisation
Lorsque les douleurs deviennent plus importantes, elles peuvent conduire à des consultations, des restrictions, des aménagements de poste ou des arrêts de travail.
Pour l’entreprise, cela peut entraîner :
- le remplacement temporaire d’un salarié ;
- une augmentation de la charge de travail des collègues ;
- une perte de temps liée à la transmission des consignes ;
- des retards dans la production ou la réalisation des missions ;
- des coûts de recrutement ou de formation ;
- une baisse de la continuité et de la qualité du service.
Une attractivité professionnelle fragilisée
Des postes inconfortables, une absence de pauses ou des douleurs considérées comme normales peuvent dégrader l’expérience de travail et renforcer les difficultés de recrutement et de fidélisation.
À l’inverse, une entreprise qui observe le travail réel, écoute les remontées du terrain et agit concrètement sur les conditions de travail renforce la confiance de ses équipes.
Comment prévenir la sédentarité au travail ?
Prévenir la sédentarité ne consiste pas uniquement à demander aux salariés de faire davantage de sport. Une action efficace doit également porter sur les postes, les tâches et l’organisation du travail.
1. Observer le travail réel
Identifier le temps passé assis, les tâches concernées, les possibilités de mouvement et les contraintes empêchant les changements de posture.
2. Interrompre le temps assis
Se lever, marcher, changer de tâche ou réaliser quelques mouvements courts à plusieurs moments de la journée.
3. Varier les positions
Alterner entre les positions assise et debout, sans remplacer une immobilité assise par une immobilité debout.
4. Adapter l’organisation
Donner aux salariés la possibilité réelle de prendre des pauses et de varier leurs tâches sans perturber leur activité.
5. Aménager les postes
Ajuster le siège, l’écran, le plan de travail, les outils et les espaces afin de limiter les postures contraignantes.
6. Sensibiliser les équipes
Transmettre des repères concrets, adaptés aux métiers, sans culpabiliser les salariés ni faire reposer la prévention uniquement sur eux.
Comment Anticip’Action accompagne les entreprises ?
Anticip’Action accompagne les entreprises, collectivités et établissements dans la prévention des troubles musculosquelettiques, de la sédentarité et des risques liés à l’activité physique professionnelle.
L’accompagnement peut notamment comprendre :
- l’observation et l’analyse des postes de travail ;
- l’identification des situations sédentaires et des facteurs de risque ;
- des ateliers de sensibilisation à la sédentarité et aux TMS ;
- la mise en place de pauses actives et de réveils musculaires ;
- des formations Gestes et Postures ;
- des formations PRAP IBC ;
- des conseils adaptés aux métiers et à l’organisation de l’entreprise.
L’objectif n’est pas d’appliquer une solution identique dans toutes les structures, mais de construire une démarche réaliste, adaptée aux contraintes du terrain et durablement intégrée au fonctionnement de l’entreprise.
Vous souhaitez agir contre la sédentarité dans votre entreprise ?
Échangeons sur vos métiers, vos contraintes et les actions de prévention pouvant être mises en place au sein de votre structure.
Questions fréquentes sur la sédentarité au travail
Faire du sport suffit-il à compenser une journée assise ?
L’activité physique est bénéfique, mais elle ne remplace pas l’interruption régulière du temps assis. Il est préférable d’agir à la fois sur le niveau d’activité global et sur les périodes sédentaires.
À quelle fréquence faut-il se lever ?
Il n’existe pas une règle unique adaptée à tous les métiers. L’essentiel est d’éviter les périodes assises très longues et de créer des occasions régulières de se lever, marcher ou changer de tâche.
Un bureau assis-debout supprime-t-il les risques ?
Non. Il facilite l’alternance, mais rester longtemps debout sans bouger peut également générer de l’inconfort. Le mouvement reste prioritaire.
Quels salariés sont les plus concernés ?
Les télétravailleurs, employés de bureau et conducteurs sont particulièrement exposés. Certains postes industriels, logistiques, commerciaux, médicaux ou de surveillance peuvent aussi comporter de longues périodes assises.
Quelle action mettre en place en premier ?
Commencez par observer les situations de travail et échanger avec les salariés. Cette analyse permet d’identifier les périodes assises, leurs causes et les possibilités réelles de mouvement.
